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La rédaction de Médiapart : Le président de la République de Bolivie, Evo Morales, irrité par la "directive retour" de l’Union européenne qui durcit les conditions faites aux immigrés illégaux, envisage de bloquer les négociations commerciales entre l’Europe et la Communauté andine, et menace d’imposer des restrictions de visas aux voyageurs européens. Il explique sa position dans cette lettre ouverte qu’il a adressée aux eurodéputés.
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Est-ce un refus délibéré de dialogue, pour pouvoir mieux dire "Silence, on expulse?"
Oui
Est-ce aussi l'emploi de la force qui prime, méprisant les droits humains ?
Oui.
Est-on encore en France? Non, car depuis quelque temps, nous sommes devenus un nouveau pays, la sous-france....à bon entendeur salut.
Texte du tract distribué à St Ouen.
SAINT-OUEN, SOIS REELLEMENT HUMAINE ET SOLIDAIRE !
Nous sommes un certain nombre de familles, pour la plupart rroms, qui habitons dans la zone des docks, rue Ardoin. Depuis le mois d’octobre, notre lieu de vie est menacé d’expulsion.
Le mercredi 20 juin des policiers sont venus chez nous pour nous dire : « Il faut que vous partiez avant lundi (25 juin) sinon on va vous faire sortir ». Suite à cette visite, nous avons été à la mairie le lendemain, jeudi 21 juin. Quand nous sommes arrivés, les personnes de la mairie nous ont fermés les portes au nez, nous avons alors écrit une lettre, demandant à être reçu par la municipalité, et rappelant que EDF, propriétaire des lieux où nous habitons, avait demandé il y a 9 mois une table ronde avec la mairie et la préfecture. Cette lettre est restée sans réponse.
Samedi 23 juin, à l’inauguration de la place Django Reinhardt, la maire a dit devant nous que la mairie de Saint Ouen avait demandé une table ronde à la préfecture il y a plusieurs semaines. Nous nous sommes donc rendus à la sous-préfecture le mardi suivant et celle-ci nous a répondu qu’ils n’avaient reçu aucun courrier de la mairie de Saint Ouen et qu’il n’y aurait pas d’expulsion en vu dans l’immédiat, alors qui doit-on croire ?
L’expulsion n’a pour le moment pas été mise à exécution, mais la menace est toujours là.
Une lettre a été de nouveau envoyée le 25 juin à la mairie pour demander un rendez-vous, mais à ce jour nous n’avons toujours pas reçu de réponse.
Dimanche soir, le jour avant l’éventuelle expulsion, certains de nous sont allés dormir dans des parcs au alentour de Saint Ouen et ont été tout de suite expulsés par la police, pour cela nous sommes revenus rue Ardoin.
Nous avons aussi, dans les lettres écrite à la mairie, évoqué un problème qui concerne directement madame la maire : la scolarisation de nos enfants.
Saint-Ouen disposait cette année de 15 places libres dans les classes spécialisées pour enfants non francophones (CLIN) mais la municipalité a toujours refusé cette scolarisation, préférant laisser ces places non occupées, tout en affirmant dans les journaux que les classes étaient pleines…Nos enfants ont ainsi perdu une année scolaire. Saint-Ouen est la seule commune de la région à refuser cette scolarisation pourtant obligatoire.
Nous avons également des difficultés à trouver des emplois et quand nous en trouvons, parfois nous ne sommes pas payés durant un ou deux mois. Pourtant nous ne baissons pas les bras. Depuis plusieurs semaines l’électricité a été coupée, nous n’avons pas de sanitaire, alors que depuis le nombre de mois que nous sommes ici, il aurait été possible d’en installer.
Déjà dans un article paru en octobre 2006 dans le journal « Saint-Ouen ma ville » n°46, la maire de Saint Ouen parlait de « gênes dans le voisinage », gênes inexistantes dans les faits, puisque nous n’avons pas de voisins proches. Ces provocations de la mairie et de la police perturbent encore plus nos vies.
A Bagnolet et Aubervilliers, des familles Rroms et leurs soutiens ont réussi à obtenir des solutions de relogement, ce qui a été possible dans ces villes pourrait l’être aussi à Saint-Ouen, mais pour cela il faudrait que la municipalité arrête de nous ignorer et accepte enfin d’ouvrir un dialogue.
La précarité dans laquelle nous vivons, renforcée par la menace d’une expulsion de notre lieu de vie, n’entame en rien notre hospitalité et notre volonté d’ouvrir le dialogue. Parce que nous habitons un peu loin, mais aussi parce que toutes sortes de préjugés circulent sur nous, nous avons décidé de mieux nous faire connaître, et nous avons déjà organisé une fête musicale là où nous habitons.
Nous viendrons vers vous le plus souvent possible.
Les habitants de la rue Ardouin et leurs soutiens
Ô visiteur, ça c'est la politque du chiffre, de la destrucion d'êtres humains !!!
Et c'est dans mon foutu pays que ça se passe !!!!!
ARRÊTEZ, MAIS ARRÊTEZ !!!!!!!!!!!
LAISSEZ-LES LIBRES !!!!!!!!!
J'AI BIEN RAISON DE DIRE QUE CE SONT DES MÉTHODES FASCISTES, INHUMAINES ET DIGNES DE L'ÉPOQUE DE VICHY !!!!!
HONTE SUR LA FRANCE !!!!!!
JE NE ME CALMERAIS QUE QUAND ILS SERONT LIBRES ET RÉGULARISÉS SANS DÉLAIS !!!!!
LIBÉREZ-LES !!!! LIBÉREZ-LES !!!!!!
Fin mars, la police intervenait à l'Hôtel Abresid de St Jean de Braye (près d'Orléans) à la demande du réceptionniste pour un soit disant tapage nocturne... jamais vérifié.
La vérification d'identité qui a suivi a abouti à l'arrestation de 2 majeurs dont M. MIRZOIAN, le mari d'Héléna en fauteuil roulant (pour n'avoir pas su éviter l'explosion d'une bombe lorsqu'elle était encore en Georgie) et de 2 mineurs dont leur plus jeune fils, Arthur, âgé de 17 ans scolarisé au Lycée Professionnel Jean Lurçat de Fleury-les-Aubrais.
La sanction judiciaire qui a suivi ces arrestations fut très lourde : 4 mois fermes. Les protestations qui se sont élevées de toutes parts pour faire en sorte que les deux jeunes lycéens soient libérés et puissent continuer à suivre leurs cours et passer leurs examens dans de bonnes conditions n’ont pour l’instant eu aucun effet.
Voilà que maintenant l'acharnement continue. Ruslan, le frère d'Arthur a été arrêté. Un APRF lui a été notifié et cet APRF a été confirmé aujourd'hui 25 mai par le Tribunal administratif d'Orléans.
Pourtant après l'arrestation du mari et du frère, Ruslan était le seul à même de s'occuper d'Héléna, en fauteuil roulant !
La confirmation de l'APRF est révoltante comme l'est l'acharnement contre cette famille sans histoire depuis son arrivée en France en 2002.
Ruslan lui-même père d’un petit garçon de deux ans et demi, né en France, a été transféré ce même jour au Mesnil-Amelot et est peut-être déjà de retour en Georgie, son dernier appel nous informant qu’il était à l’aéroport !
La situation faite à cette famille est insupportable. La situation de Héléna restée seule sans soutien la plonge dans un désespoir total. Il a fallu insister pour qu’on lui laisse dire au-revoir à son fils ce matin à la sortie du tribunal.
Nous vous encourageons à protester contre cet acharnement
Exigez du préfet qu'il retire son APRF ou qu’il fasse revenir Ruslan si l’expulsion a déjà été mise à exécution !
Préfet :
jean-michel.berard@loiret.pref.gouv.fr
Directrice de cabinet :
cecile.avezard@loiret.pref.gouv.fr
Fax : 02.38.81.40.22
michel.bergue@loiret.pref.gouv.fr
Fax : 02.38.81.42.47
Directeur DRRU :
pascal.marcot@loiret.pref.gouv.fr
Fax : 02.38.81.41.70
Préfecture du Loiret
181 rue de Bourgogne
45000 ORLEANS
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